L'appel commence toujours de la même façon : une voix polie, un accent parfois, et une phrase qui sonne juste — « Bonjour, je vous appelle du service technique Microsoft, nous avons détecté une activité anormale sur votre ordinateur. » À ce moment précis, rien ne permet de dire que c'est faux. C'est tout le problème.
FIX72 fait de l'assistance à distance depuis dix ans. Nous utilisons exactement les mêmes outils que ces escrocs — et c'est bien pour ça que nous pouvons décrire leur scénario de l'intérieur, étape par étape, et vous montrer où il se casse.
Le scénario, dans l'ordre
Il varie peu, parce qu'il est efficace. Six étapes, presque toujours les mêmes.
1. L'amorce. Soit un appel qui arrive sans que vous ayez rien demandé, soit une page qui s'ouvre seule dans le navigateur avec une alarme sonore, un bandeau rouge et un numéro à rappeler. Le texte affiché reprend le vocabulaire officiel : « Erreur 0x80070424 », « Votre licence Windows a expiré », « Ne redémarrez pas votre ordinateur ». Aucun de ces messages n'existe chez Microsoft — Windows n'affiche jamais de numéro de téléphone.
2. La mise sous pression. On vous explique que vos données sont en train d'être copiées, que votre compte bancaire est exposé, qu'il faut agir tout de suite. L'urgence n'est pas un détail du scénario : c'est le scénario. Elle sert à vous empêcher de raccrocher pour vérifier.
3. La prise en main. On vous fait installer un logiciel d'accès à distance : AnyDesk, UltraViewer, TeamViewer, ou un outil au nom inventé. Ce sont de vrais logiciels, légitimes, utilisés tous les jours par de vrais techniciens. Leur présence ne prouve rien, ni dans un sens ni dans l'autre.
4. La démonstration. C'est le moment le plus convaincant. On ouvre l'Observateur d'événements de Windows, qui affiche des dizaines de lignes rouges et jaunes, et on vous dit : « vous voyez, ce sont les intrusions ». Ces lignes sont normales : tout ordinateur en bonne santé en produit en permanence. Autre variante, la commande netstat qui liste les connexions réseau, présentée comme la liste des pirates connectés. C'est la liste de vos onglets ouverts.
5. La facture. Une fois la peur installée, on propose un « nettoyage » et une « protection », entre 200 et 600 €, réglés par carte, par virement, en cartes cadeaux ou en cryptomonnaie. Le choix du moyen de paiement est le premier signal franchement anormal : aucune entreprise ne se fait payer une prestation informatique en cartes cadeaux.
6. Le retour. Quelques semaines plus tard, un second appel : « nous avons constaté que le remboursement n'a pas été effectué ». C'est la même équipe, avec le même accès, qui revient sur une victime déjà identifiée.
Trois différences avec une vraie prise en main
Puisque l'outil est le même, c'est ailleurs qu'il faut regarder. Trois points départagent, et ils sont simples.
Qui a appelé qui. Une intervention légitime part toujours de vous. Vous appelez, ou vous remplissez un formulaire, ou vous répondez à un rendez-vous que vous avez pris. Personne de sérieux ne vous téléphone pour vous annoncer que votre ordinateur est infecté : techniquement, personne ne peut le savoir de l'extérieur.
Ce qu'on vous demande de faire pendant la séance. Un technicien n'a jamais besoin que vous ouvriez votre banque en ligne, que vous saisissiez un code reçu par SMS, ou que vous achetiez des cartes cadeaux. Si l'une de ces trois choses arrive, il n'y a plus à réfléchir : coupez.
Le prix, et quand il est annoncé. Un tarif est donné avant, pas pendant. Chez FIX72, c'est 39 €/h à distance et à partir de 49 € à domicile, annoncés par écrit avant de commencer. Un montant qui apparaît en cours de séance, et qui grimpe à mesure que la peur monte, n'est pas un tarif : c'est un levier.
Vous avez déjà donné l'accès : quoi faire, dans l'ordre
Le réflexe qui compte est le premier, et ce n'est pas d'éteindre.
- Coupez la connexion internet — débranchez le câble, ou coupez le Wi-Fi depuis l'icône réseau. Cela met fin à la session à distance immédiatement, alors qu'éteindre brutalement peut abîmer des fichiers en cours d'écriture.
- Appelez votre banque si vous avez communiqué un numéro de carte, un code, ou si vous avez ouvert votre espace bancaire pendant la séance. Faites opposition, et demandez que l'opération soit contestée : les délais de contestation sont courts.
- Désinstallez le logiciel d'accès à distance (Paramètres, Applications, puis cherchez AnyDesk, UltraViewer, TeamViewer…). S'il a été installé en tant que service, il redémarre tout seul : c'est là qu'il faut de l'aide.
- Changez les mots de passe depuis un autre appareil — téléphone ou tablette — en commençant par la boîte mail.
- Faites vérifier la machine. Beaucoup de ces séances laissent un outil de prise en main configuré pour se relancer, et parfois un mot de passe d'accès qui n'est plus le vôtre. Voir notre page suppression de virus.
- Signalez. Le dépôt de plainte est utile pour l'assurance et pour la banque, et le signalement sur cybermalveillance.gouv.fr alimente le dispositif national.
Nous avons détaillé les autres formes que prend l'arnaque — faux conseiller bancaire, faux mail des impôts, faux SMS de livraison — dans un guide dédié sur notre site sur le piratage : arnaques et hameçonnage, les reconnaître et réagir.
Le cas des seniors, et ce qui marche vraiment
C'est le public le plus visé, et la raison n'est pas celle qu'on croit : ce n'est pas la naïveté, c'est la politesse. Raccrocher au nez de quelqu'un qui parle poliment est difficile quand on a été élevé à ne pas le faire.
La phrase qui fonctionne le mieux, et qu'il faut répéter aux parents et grands-parents, tient en une ligne : « Je ne réponds jamais au téléphone pour l'informatique. Je rappelle mon dépanneur. » Elle évite d'avoir à juger sur le moment si l'appel est vrai ou faux — jugement que personne ne sait faire de façon fiable, pas même un professionnel.
Le numéro du dépanneur habituel collé sur l'écran ou sur le frigo fait plus pour la sécurité qu'un antivirus supplémentaire.
Un doute pendant un appel ? Raccrochez et vérifiez
FIX72 peut regarder l'ordinateur avec vous en moins de 2 minutes, sans déplacement. Diagnostic gratuit, tarif annoncé avant.
Démarrer une session de support — 07 51 13 37 69
Questions fréquentes
Microsoft appelle-t-il vraiment ses clients ?
Non. Microsoft, Apple, Orange, votre banque et l'administration ne téléphonent jamais spontanément pour signaler une infection. Aucun d'eux n'a les moyens techniques de la détecter à distance sur une machine personnelle.
La page d'alerte avec la sirène a-t-elle infecté mon ordinateur ?
Presque jamais. C'est une page web, pas un virus : elle se contente d'occuper l'écran. Fermez l'onglet, et si la page bloque le navigateur, fermez-le depuis le Gestionnaire des tâches (Ctrl + Maj + Échap). Le vrai risque commence seulement si vous appelez le numéro.
J'ai laissé quelqu'un prendre la main mais je n'ai rien payé. Suis-je tranquille ?
Pas nécessairement. Le paiement n'est qu'une des motivations ; l'accès a pu servir à installer un outil de retour, ou à récupérer les mots de passe enregistrés dans le navigateur. Une vérification s'impose.
AnyDesk est-il un logiciel dangereux ?
Non, c'est un outil professionnel parfaitement légitime — nous l'utilisons nous-mêmes. Ce qui compte n'est pas le logiciel, c'est qui vous en donne l'accès, et à votre demande ou non.
Combien coûte une vérification après ce genre d'appel ?
À partir de 49 € à domicile au Mans et en Sarthe, 39 €/h à distance partout en France. Diagnostic gratuit, devis écrit avant, garantie 6 mois.
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Raccrocher, puis appeler quelqu'un que vous connaissez : c'est tout ce qu'il y a à retenir. Nous prenons le temps de regarder, même si ce n'est rien.
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